Les heures bleues de la poésie

Forum de poésie et d'ateliers d'écriture
 
AccueilAccueil  PortailPortail  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  
 
Bienvenue à tous en ses heures bleues de la poésie !

Partagez | 
 

 La tour de Babel

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Janedeau
Administrateur
Administrateur
avatar

Date d'inscription : 02/02/2009
Nombre de messages : 25993
Date de naissance : 17/10/1956
Age : 60
Localisation : Quebec, Canada

MessageSujet: La tour de Babel   Mar 11 Avr 2017 - 2:53

La Tour de Babel est le titre de plusieurs tableaux de Pieter Brueghel l'Ancien peints d'après l'épisode biblique de la tour de Babel.
Le plus célèbre, surnommé La « Grande » Tour de Babel, a été peint vers 1563 et est actuellement conservé au Kunsthistorisches Museum de Vienne. La « Petite » Tour de Babel, peinte vers 1568 et de dimension plus modeste, se trouve au musée Boijmans Van Beuningen à Rotterdam.






Récit biblique

Peu après le Déluge, alors qu'ils parlent tous la même langue, les hommes atteignent une plaine dans le pays de Shinar et s'y installent tous. Là, ils entreprennent par eux-mêmes de bâtir une ville et une tour dont le sommet touche le ciel, pour se faire un nom. Alors Dieu brouille leur langue afin qu'ils ne se comprennent plus, et les disperse sur toute la surface de la Terre. La construction cesse. La ville est alors nommée Babel (terme proche du mot hébreu traduit par « brouillés »).

Tradition et interprétations

Selon les traditions judéo-chrétiennes, Nemrod, le « roi-chasseur » régnant sur les descendants de Noé, est à l'origine du projet. Babel est souvent identifiée à Babylone. L'unique langue parlée par les hommes est appelée la langue adamique.
Pour certains, cette histoire qui explique l'existence de plusieurs langues, illustre la nécessité de se comprendre pour réaliser de grands projets, et le risque d'échouer si chacun utilise son propre jargon. Ce récit peut être vu comme une métaphore du caractère équivoque du langage humain. On peut aussi y voir une illustration des dangers que représente la recherche de la connaissance, vue comme un défi lancé à Dieu.
Stefan Zweig s'est inspiré de cet épisode pour assimiler « le ciel » à un but infiniment éloigné1.
Babel est aussi une ville, bâtie collectivement pour « se faire un nom » ; on pourrait comprendre « pour exister ». On peut en effet voir la Ville comme le lieu de la désobéissance des hommes envers un Dieu dont le projet est qu'ils règnent sur la nature2.
Mais le mot hébreu shem, souvent traduit par « nom », peut également vouloir dire « monument »3. Ce sens est naturel dans ce passage, et résout le problème de l'interprétation de l'expression « se faire un nom » qui paraît à première vue hors de propos4,5.
À contre-courant, François Marty interprète Babel comme une chance pour l'homme : il lit son mythe comme une instauration, par la diversité qu'entraîne la multiplicité des langues, des conditions de l'altérité et de la « biodiversité » des hommes6, qui obligent les citadins à se civiliser7. La ville devient alors un creuset d'humanité8. Dieu lui-même donne son nom à cette ville ; Babel, qui ouvre le ciel, est d'après Emmanuel Levinas une invitation à « l'ouverture à l'autre que l'autre, celui qui m'est radicalement différent, comme voie qui mène au Tout autre9 ».
Dans une optique analytique, notamment avec Marie Balmary10, ce mythe prend sens de l'endroit où il est dans la Bible : après le Déluge, tentative d’extermination des hommes par Dieu. La construction de la Tour s’interprète alors comme une rétorsion contre Dieu. Ce que manifeste le nom composé de Babel, bab : porte, et El : dieu. La Tour de Babel fait figure de tour de guerre pour monter à l’assaut non tant du Ciel que de Dieu. Pour la réaliser, les hommes opposent à la puissance de Dieu, une puissance équivalente, la « force collective » : « Ils se dirent l’un à l’autre : « Allons, faisons des briques et cuisons-les au feu. […] Ainsi nous nous ferons un nom, de peur d’être dispersés sur toute la face de la terre… » On retrouve là les constituants de la religion selon René Girard11 : crise d’indifférenciation, désir mimétique, dimension collective, meurtre, victime divinisée. Selon ce type d'interprétation, le danger et le sens de la Tour de Bab’El résident dans cette uniformisation, illusion de toute-puissance des hommes, plus que dans l’atteinte à la majesté divine. Ce que confirme la réflexion de Dieu « Voici, dit-il qu’ils ne forment qu’un seul peuple et ne parlent qu’une seule langue. S’ils commencent ainsi, rien ne les empêchera désormais d’exécuter toutes leurs entreprises » 12. La fin prend ainsi un autre sens. Plutôt qu’un châtiment la multiplication des langues est une chance pour l’humanité : la diversité est plus riche que l’uniformité.
La tour donne un sens à la construction de la ville, mais il y a malentendu sur ce sens. Selon les archéologues, il y avait au sommet de la ziggurat de Babylone, l'édifice qui inspira la tour de Babel, un temple avec un lit et une femme qui attend. La tour est donc en réalité une invitation adressée à Dieu pour visiter les hommes ; seulement, l'homme arrivé au sommet de la tour peut se prendre pour Dieu.
La ville et la tour sont construites sur une faille, Shinar, qui pour les Anciens, met en relation le monde des hommes avec celui des dieux : les Enfers. On peut comparer Babel à Hénoch (le commencement, en hébreu), première ville biblique construite par Caïn sur la terre de Nod (de l'errance, en hébreu), où sont nées les premières réalisations des hommes, par l'artisanat et les arts de Tubalcaïn et de Youbal ; mais cette ville est aussi le théâtre du crime de Lamech13 et Dieu la détruit par le Déluge. Les premières versions du mythe du Déluge se retrouvent d'ailleurs en Mésopotamie, cette zone géographique où furent édifiées les villes de Babylone et Ur entre autres, avec leurs ziggurats, et que les Hébreux ont découvert lors de leur exil à Babylone.
Les récits de constructions qui atteindraient le ciel ont depuis longtemps inspiré de nombreux écrivains et artistes.
À Babylone, les Hébreux déportés ont dû être frappés par Etemenanki14 (le nom de la ziggurat) et la multiplicité des langues qu'on y parlait (Babylone était une importante ville commerciale), et ont pu former un lien de causalité entre ces deux aspects.
Isaac Asimov, pour sa part, estime que le récit biblique peut être considéré comme une tentative d'explication de trois éléments, dont le premier serait la diversité linguistique, le deuxième serait l'existence pendant une longue période d'une ziggourat inachevée (ou en ruines) à Babylone, et le troisième serait l'origine étymologique attribuée par erreur au nom hébreu de cette ville (Babel) : «Les auteurs du livre de la Genèse croyaient que "Babel" venait du mot hébreu balal, signifiant mélangé, confus ou brouillé»15. L'explication proposée par Asimov pour l'existence de cette ziggourat inachevée était que la construction de celle-ci aurait pu avoir été interrompue à cause de la panique engendrée par les campagnes militaires de Sargon d'Akkad. D'autres auteurs évoquent l'état éventuellement détérioré des versions antérieures de l'Etemenanki, qui a notamment été rénové postérieurement au récit biblique par Nabuchodonosor (comme le mentionne Asimov).
Fritz Lang introduit quant à lui une autre vision de ce mythe dans son film Métropolis. Il y voit le désaccord entre les architectes de la tour et les travailleurs. Ces derniers se seraient révoltés devant l'ampleur du travail à accomplir. Ainsi, Lang actualise ce mythe en y insérant la notion de l'exploitation du prolétariat. Le film se termine sur la morale suivante : « Entre les mains et le cerveau, le cœur doit être le médiateur ». Cette morale évoque d'ailleurs la métaphore de Menenius Agrippa.










Les ruisseaux de l'âme sont comme des parfums du coeur

Nul chant n'en est plus doux que celui de cette douce ivresse !


Revenir en haut Aller en bas
http://princessedesmuses.skynetblogs.be/
 
La tour de Babel
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Urban Comics va réediter Justice League: La Tour de Babel
» La tour de Babel
» Justice League: La tour de Babel
» Tour de babel
» La tour de Babel

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Les heures bleues de la poésie :: Les documentaires :: ♥♥Les connaissances de soie ou du monde♥♥-
Sauter vers: